Première Guerre mondiale – 1914 – 1918

L’armée française

Au début de ce conflit la France, contrairement à d’autres pays, compte peu d’unités canines. Alors que l’armée allemande utilisera près de 30 000 chiens, les troupes françaises en emploieront environ 12 000, principalement en tant que chiens sanitaires. En août 1914, à la déclaration de la guerre, un seul corps, le 19ème bataillon de chasseurs, part en campagne avec six chiens de liaison. Ils seront tous tués et ne seront pas remplacés.

En 1915, Alexandre Millerand, alors ministre de la Guerre, décide la création du « Service des chiens de guerre ».
Environ 3 000 chiens sont recrutés dans les fourrières. La SPA met à disposition ses chiens de refuges. Des particuliers donnent ou prêtent leurs chiens. Les soldats récupèrent des chiens de l’armée allemande dés que l’occasion se présente. Ces animaux sont rééduqués avant d’être de intégrés dans l’armée française. Des chiens de traîneaux sont importés du Canada et des Etats-Unis. Ils interviendront en zones montagneuses.
Dans l’armée française, tout comme le soldat, le chien de guerre possède un état civil, un livret militaire, une plaque d’identité, un équipement.

Tous ces chiens ont une fonction différente en fonction de leurs capacités.
 Les chiens de garde sont destinés à la surveillance des zones militaires (entrepôts, usines d’armement, …) mais également à celle des entreprises liées à l’armée.
Les chiens de garde comptent plusieurs catégories :
   Des chiens dits d’enclos sont enfermés dans un chemin clos entourant une zone précise. Certains d’entre eux sont toutefois attachés. Leur laisse coulisse sur un câble métallique. Ces derniers sont affectés à une zone de surveillance plus restreinte que les chiens d’enclos.
   Des chiens de ronde qui accompagnent les sentinelles et d’autres surveillent les prisonniers.
   Durant la Première Guerre mondiale, des chiens de garde escortent les éclaireurs lors des patrouilles. Ils signalent la présence de l’ennemi, inspectent les lieux où les soldats allemands peuvent se dissimuler.


Au sein des armées se trouvent en plus des chiens de garde :
Des chiens de liaison ou chiens estafette qui transmettent les messages,
Des chiens de trait qui tirent les canons, des charrettes contenant de la nourriture pour les troupes, de l’armement, des munitions, ….
Des chiens sanitaires ou ambulanciers chargés de retrouver les blessés.

Les principales races utilisées sont :
Les chiens de berger comme les bergers de Brie, de Beauce, d’Alsace, les bouviers, les bergers Belges, Malinois, Groenendael, Tervuren, bergers d’Ecosse, les airedales terriers. Néanmoins, quelques bâtards répondant aux critères de sélection intègrent également les régiments. Quelques chiens de chasse qui avaient été testés ne sont pas retenus car leur instinct les pousse davantage à suivre la piste d’un gibier qu’à accomplir leur mission. L’armée les emploie  à donner l’alerte et comme auxiliaires des sentinelles.
Des dogues, des mâtins, de puissants bouviers sont utilisés comme patrouilleurs. Ils sont aussi  dressés à l’attaque.

Après les chiens sanitaires, les chiens de garde ou auxiliaires de sentinelle sont les plus nombreux au sein de l’armée française.

Dans son ouvrage "Les chiens de France-Soldats de la Grande Guerre", Paul Megnin indique que 10000 chiens de guerre sont passés dans les chenils militaires pour la seule période de mars 1917 à novembre 1918. 


 

 

Au cours de la Guerre de 14-18 près de 5 500 sont tués ou portés disparus.

En novembre 1918, les chiens sont démobilisés. Alors que certains retrouvent leurs propriétaires, d’autres sont abandonnés dans les refuges de protection animale ou abattus. Des chiens sont toutefois rééduqués et deviennent guides d’aveugles (de nombreux soldats ont perdu la vue), chiens de trait pour tirer les petites charrettes des handicapés (nombre de « poilus » ont perdu l’usage de leurs jambes).

Un officier français accompagné de son chien ouvre le défilé du 14 juillet 1919, à Paris. A cette occasion, de nombreux chiens sont médaillés parmi lesquels Jacquot qui reçoit la Croix de Guerre. 

Dés la fin de la Guerre de nombreux articles de presse, des artistes,… rendent hommage à ces chiens «  militaires ». Les chiens sanitaires sont particulièrement à l’honneur.

L'armée belge

En Belgique où l’on utilise déjà des chiens pour tirer des charrettes de légumes, bidons de lait, etc., l’armée dispose également d’unités de chiens attelées pour tracter des mitrailleuses lourdes (mâtins belges, bouvier des Flandres). Ces chiens rendront de grands services durant les batailles de Liège (du 5 août au 16 août 1914) et d’Anvers (du 28 septembre au 10 octobre 1914) lorsque les troupes belges seront contraintes à la retraite face à l’armée allemande.

L'armée anglaise

L’armée anglaise n’utilise pas de chiens auxiliaires de sentinelles. En revanche, elle dispose de chiens estafettes, chiens de liaisons, de chiens porteurs chargés de ravitailler les combattants. Seuls les mâles sont recrutés. 

Les principales races dédiées à ces tâches sont les airedales terriers, bloodhounds (Saint-Hubert), foxhounds (cette race fut créée pour la chasse au renard), chiens de terre-neuve, retrievers, croisés bull-dogs - mastiffs, croisés lévriers - chien de bergers (ces derniers sont très souvent utilisés par les braconniers). 

L’armée anglaise créée une médaille spéciale pour leurs chiens militaires de la Grande Guerre.

L'armée italienne

L’armée italienne dont les unités se battent principalement en zones montagneuses utilise des chiens porteurs pour le ravitaillement en nourriture, eau, munitions. Les chiens passent là où les mulets ne le peuvent pas. En hiver des chiens adaptés au froid sont attelés à des traîneaux.

L'armée allemande

L’armée allemande consciente depuis sa victoire de 1870 que les chiens sont d’une grande utilité dans les conflits, rend officiel l’emploi des chiens au sein de son armée en 1895. Lors de ses campagnes coloniales (1891 – 1911) les corps expéditionnaires comptent dans leurs rangs des équipes cynophiles qui s’avèreront particulièrement efficaces.

Convaincu que les chiens peuvent influencer l’issue d’un conflit continentale, l’Etat Major encourage les sociétés canines dédiées à l’élevage et au dressage des races dont les capacités sont nécessaires à la formation des chiens de guerre : berger allemand, rottweiler, doberman, boxer, spitz, …

Chaque société canine doit tenir un registre « non officiel » des chiens destinés à une utilisation militaire dans lequel sont indiqués le caractère, le nombre de naissances, et leur future affectation : police, chien sanitaire, de recherches, chien de liaison, chien axillaire de sentinelle, de garde, …

En 1913, on dénombre environ 4 000 chiens répertoriés sur ces registres secrets. 

En juillet 1914, les propriétaires dont les chiens avaient passé avec succès les concours canins sont invités à un concours spécial à l’issue duquel des chiens sont sélectionnés pour former des unités de réserve.

Environ 6 000 chiens, dont de nombreux chiens sanitaires, sont déployés sur les lignes de fronts dés le début de la Première Guerre mondiale.

         En France, durant toute la durée de cette guerre, de nombreux représentants de l’espèce canine dont certains étaient des chiens errants, servirent pour des expériences sur les gaz asphyxiants, l’efficacité des obus et autres armes de destruction, … D’autres animaux ont également versé un lourd tribut pour ces « essais ». 

         Un Bull Terrier de l’armée américaine, nommé Stubby, est le chien le plus décoré et le seul promu au grade de sergent par le combat. 

         Certains régiments comptaient parmi leurs rangs des chiens mascottes que des soldats avaient adoptés durant le conflit.

         En Italie, des chiens qui avaient suivi leurs maîtres sur le front furent abattus sur ordre de la hiérarchie militaire.

         On voit sur certains monuments aux morts érigés en hommage aux combattants de la Première Guerre Mondiale, la représentation  d’un soldat accompagné d’un chien : Sainte Ménehould (Marne), Izel-lez-Equerchin (Pas de Calais), Pagny sur Moselle (Meurthe-et-Moselle) et Gallargues (Gard) où une veuve est représentée avec un enfant tenant un chien dans ses bras.
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Sources : voir "Bibliographie"